
La crise climatique est profondément une crise des inégalités. Alors que l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre est généré par les plus aisés, les plus pauvres et moins responsables sont les plus touchés par les impacts grandissants du dérèglement climatique. Revoir la fiscalité mondiale, notamment en taxant les plus riches, permettrait à la fois d’accélérer la lutte contre le réchauffement et celle contre la pauvreté. Telles sont les conclusions d’une vaste étude sur les inégalités climatiques publiée mardi 31 janvier. Elle a été menée par le Laboratoire sur les inégalités mondiales (World Inequality Lab), un institut de recherche rattaché à l’Ecole d’économie de Paris et à l’université de Californie à Berkeley.

« Notre rapport montre qu’il y a une triple crise des inégalités climatiques – inégalités des émissions, des pertes entraînées par le réchauffement et des capacités d’agir –, et que la richesse mondiale contribue trop peu à résoudre la crise climatique », résume le premier auteur, l’économiste Lucas Chancel, codirecteur du World Inequality Lab (avec Thomas Piketty, entre autres) et professeur à Sciences Po. « L’idée n’est pas de blâmer les riches ou d’absoudre les pauvres, ajoute-t-il. Il s’agit de mieux comprendre quels groupes seront les gagnants et les perdants de la transition énergétique, afin de l’accélérer. »
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